[TÉMOIGNAGE] Deux jeunes guérandais en mission

Thomas et Matthias, deux jeunes autoentrepreneurs guérandais, sont partis en mission pour UNIVERS-SEL le mois dernier.

Voici leur retour sur cette expérience unique. 


Quel a été votre parcours ?

Matthias : J’ai fait un master en géographie en développement local à Montpellier avec une formation en cartographie. Ensuite j’ai fait un stage à UNIVERS-SEL en 2015 pour de la cartographie et après j’ai continué à être bénévole, surtout pour faire des cartes. Puis j’ai créé mon statut d’autoentrepreneur en tant que géographe-cartographe. Cela consiste à faire du diagnostic territorial : croiser des données socio-économiques sur un territoire selon un enjeu, une thématique : sur l’agriculture, l’énergie, le logement… On cherche à comprendre pourquoi pour ensuite dégager des actions pour mener des politiques territoriales.

Thomas : J’ai fait des études d’informatique, j’ai fait un BTS à Nantes en programmation et j’ai fait une licence pro à Bayonne en multimédia, toujours en programmation mais autour d’internet, en faisant des bases de données en parallèle. J’ai ensuite travaillé un an à Guérande dans une agence de communication. Je faisais des sites internet avec de la base de données etc. Ensuite j’ai commencé à travailler avec UNIVERS-SEL en tant qu’autoentrepreneur pour faire de la base de données. J’ai utilisé des outils que je connaissais, le web, pour faire un outil de gestion de base de données. Après ils pouvaient tout regrouper et croiser les informations pour pouvoir faire des statistiques pour aider sur les rapports etc. Les bases des données servent aussi à faire de la cartographie sur des informations très précises par exemple sur du recensement ou une enquête et ces données permettent de les mettre  sous forme de carte. Par exemple on fait différents points sur une carte en fonction des villages, des producteurs, on croise nos deux compétences [avec celle de Matthias]. On était un peu parallèle dans notre travail mais c’était quand même très lié au final. L’un ne marchait pas sans l’autre.

Qu’est-ce qui vous a poussé à travailler pour UNIVERS-SEL ?

Thomas : Moi c’est le cadre d’ONG, et faire quelque chose en accord avec mes valeurs. Je n’aurai pas forcément d’autres opportunités à travailler en ONG ou en association, en Afrique, en informatique, et à Guérande.
Avant la mission je ne connaissais pas forcément l’association, j’en avais un peu entendu parler.

Matthias : C’est une association qu’on connaît, on connaît du monde dedans, on sait ce qu’ils font et que c’est intéressant. Donc on travaille pour quelque chose d’intéressant !

Quel était l’objet de la mission ?

Matthias : Produire des solutions pour stocker et traiter des données pour ensuite les mettre dans le rapport, produire des cartes, et former le personnel sur place à utiliser la base de données et à utiliser un logiciel de cartographie de SIG (Système d’Information Géographique) pour produire des cartes, des statistiques. On devait aussi utiliser un drone, former les gens au drone et sortir des « orthophotos » des périmètres rizicoles, des cartes comme dans Google Map.
Les données qu’on récolte ce sont des données de recensement de producteurs et de productrices de sel et de riz comme leur âge, leur nom et sur leur activité économique en lien avec la saliculture ou la riziculture. On récolte aussi des données sociales pour savoir le tissu social qui est impacté par le projet.

Thomas : Après il peut y avoir des statistiques plus précises par rapport à certains sites de production parce-que chaque personne de la base de données a été recensée par rapport à un site de production, par rapport à un village. On peut aussi faire un suivi dans le temps, des enquêtes approfondies peuvent être faites tous les ans, c’est le but d’ailleurs, pour voir l’évolution, par exemple combien de personnes faisaient de la saliculture sur bâches au début par rapport à la production de sel ignigène et l’évolution dans le temps des proportions, qui s’est mis à faire du sel sur bâches dans le temps. C’est possible de savoir très précisément cela. C’est le but de la base de données d’avoir pleins d’informations, de pouvoir les croiser et d’obtenir des choses très précises. On a prévu là-bas une série de statistiques qui seront calculés automatiquement via l’outil et une autre partie qu’ils calculeront manuellement.

Matthias : Il y a aussi tout un travail de recueil, de création de données sur toutes les parcelles, de dessins de toutes les parcelles rizicoles qui permettent de savoir la surface cultivée, la surface non-cultivée, comment fonctionnent les périmètres rizicoles et les périmètres qui sont concernés par des aménagements que va faire UNIVERS-SEL.

Qu’est-ce que cette mission vous a apporté sur le plan professionnel ?

Matthias : C’est intéressant d’aller travailler à l’étranger pendant une semaine, former les gens, dans un environnement qu’on ne connaît pas forcément.

Thomas : Moi je dirais le fait de travailler en association qui n’a rien à voir avec le fait de travailler en entreprise. C’est des plus petits moyens, pas forcément financiers mais humains. Et puis le fait de faire de la formation : je n’avais jamais donné de formation. C’était très intéressant aussi de pouvoir former des gens sur l’outil que j’avais créé.

C’était votre première expérience en tant qu’autoentrepreneur ?

Thomas : J’avais déjà travaillé à droite et à gauche mais pas sur des projets aussi gros.

Matthias : Oui pour moi c’était la première expérience.

Pouvez-vous décrire votre ressenti sur la vie quotidienne bissau-guinéenne ?

Matthias : Ce qu’on s’est dit quand même, c’est que ça n’a rien à voir avec ce qu’on connaît ici. Il y a surtout des différences énormes entre la ville, Bissau, et les campagnes. A Bissau, dans le centre-ville, les gens vivent un peu comme nous, il n’y a pas de différences énormes mêmes si c’est plus pauvre. Mais dès que tu vas dans les campagnes c’est même plus un facteur pauvreté…

Thomas : … C’est un facteur survie ! Quand tu arrives quelque part tu te demandes s’il y a l’eau et l’électricité tandis que dans la capitale tu ne te poses pas la question.

Avez-vous eu le temps de visiter ?

Thomas : On est allé un peu à la campagne oui. Justement on a fait un test de drone dans les rizières qu’on a pu voir sur le terrain aussi. C’était intéressant de voir concrètement de ce qu’on fait au niveau théorique et au niveau données, là on l’a vu sur le terrain. C’était très important.

Matthias : On a pu voir comment les producteurs travaillaient aussi.

Sur le plan personnel, qu’est-ce-que cette mission vous a apporté ?

Matthias : Ça désacralise un peu la vision de l’Afrique que tu peux avoir via les documentaires, le JT. Même si c’est un tout petit bout de l’Afrique tu vois réellement ce que c’est. C’est forcément intéressant.

Thomas : C’est impressionnant de voir comment les gens peuvent vivre avec rien du tout, même si ça peut paraître un peu cliché. On le sait quand on y va, mais quand on le vit c’est différent. Les transports en commun c’est particulier quand même, à 30 dans un camion avec le bébé sur toi… !

 

Est-ce que cette mission vous a donné envie de repartir travailler à l’étranger, effectuer des missions ponctuelles comme celle-ci ?

Matthias : Oui carrément.

Thomas : Moi ça m’a conforté. Je voulais déjà le faire, je cherchais un peu un volontariat informatique et je n’avais pas trouvé. Donc j’étais content d’avoir trouvé cette mission. Mais ça m’a conforté dans l’idée que j’avais envie de continuer à le faire. Ce que je fais ça se fait plus ici mais si on me propose un travail à l’étranger j’accepterai.

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